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Lundi 18 décembre 2006
Des films sur le crime organisé, sur des malfaiteurs et des mafiosi qui tissent des réseaux complexes pour assaillir les corps policiers les plus prestigieux, on en a vu des tonnes. Inversémment, des films avec des policiers héroïques, des duos intrépides de procureurs du bien, ou alors de simples mortels qui font de leur métier (le combat du mal) une fin ultime, on en a vu aussi des tonnes... Les "infiltrés" pourrait donc paraître tout simplement un autre clône, qui témoigne du triste manque (cruel pour le spectateur) d'originalité dans la création de scénarios, ces jours-ci... Même la prétendue touche de profondeur que certains on voulu voir, dans le dilemme posé par rapport à la remise en cause de l'identité, c'est de la monnaie courante dans maints films de suspense, d'action et (évidemment), de drame ou de drame-psycho. La vrai brillance du nouveau film de Scorsese; ce brin de distinction que le fait ressortir d'autres films-épopées urbaines, consacrées à des générations de délinquants ethnico-étasuniens, réside dans ce qu'il y a de plus précieux pour le cinéma: la qualité du jeux et la maitrise du rythme. Pour le premier élément, charisme et talents consacrés du casting y sont pour beaucoup. Même M. Jack Nicholson, avec son incapacité à jouer autre personnage que lui-même, semble renouvelé (au moins partiellement) pour ajouter un minimum de distinction à Jack Costello, le malfrat "senior" que l'on croit d'abord "intouchable". Délicieuse intervention d'un Mark Walhberg au top de ses qualités d'acteur: il est d'un cinisme violent naturel et omni-puissant, comme pour affirmer la "beauffitude-macho" de son rôle. Saisissant même un Di Caprio qui, malgré sa sempiternelle apparence d'adolescent décalé, réussi ici une vrai création: un Billy Costigan fragile et tourmenté par la violence que son entourage lui impose, violence qui l'a contraint, pendant toute sa vie, à ne jamais se trouver soi-même... Quant au rythme, il atteint son summum, au fil et grâce à l'enchaînement habile des scènes où l'on découvre les mondes antinomiques de chaque milieu (le policier, le délinquant); ou bien, lors des qui-pro-quos, où les deux infiltrés sont sur le point d'être démasqués; ou bien, lors des moments où les protagonistes eux-mêmes se trouvent sur le point de se démasquer réciproquement. Au milieu de cette euphorie, apparaît une remarquable séquence au effets subtilement surrealistes, où des reflets et des néons de la nuit laissent ouvert un parallèle avec les abîmes dans la conscience, aussi bien de Costigan que de Sullivan... Jusque là, et quelques minutes durant encore, on croyait avoir assisté à une rennaissance du genre... Hélas, Scorsese abusa de la formule "grand film = long film" et, en plus, resta à court de recours cinématographiques, pour tomber dans la vulgaire opérette télévisuelle policière... Alors, pendant les quinze dernières minutes on voit se succéder de pauvres dialogues, ayant pour but d'apporter de révélations grossières; des bouts d'intrigues oubliés et donc incohérents; des personnages qui ressortent de nulle part, sans mobile assez solide ni destinée précise... Autant de béquilles maladroites qui transforment ces "Infiltrés", en "Faux-filets" subissant de la "grandeur prétendue" d'un réalisateur, qui est plutôt noyé dans son propre épuisement... Lamentable façon de gâcher le plaisir. À une prochaine, Scorsese?
Par Ludovic et Velio [merci!... CHUIS MALHEUREUX!!] - Publié dans : ludoandveliohaveeyes
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