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Andy Sachs, timide mais dégourdie, jolie mais pas coquette, fraîchement débarquée de sa campagne natale, des rêves de carrière journalistique plein la tête se retrouve à passer un entretien avec Miranda Priestly, la rédactrice la plus en vue du plus grand magasine de mode New-Yorkais : Runaway. Choc des cultures. Et contre toutes attentes, elle est embauchée. Ou plutôt comme on s’y attendait puisque c’est principalement sur cette opposition que repose le film. Et sur la prestation délicieusement sadique de Meryl Streep en prêtresse omnipotente de la mode, sorte de Cruella d’enfer, en moins hystérique mais plus vicieuse.
D’abord réticente à s’adapter à son nouvel environnement, Andy finit par se heurter aux exigences sans limite de Miranda. Se confiant alors à Nigel, son seul allié dans l’univers impitoyable de Runaway, ce dernier lui explique que la mode n’est pas un monde uniquement superficiel, qu’il est le reflet de la personnalité de millions de gens et que c’est surtout une industrie qui pèse des millions de Dollars. Reboostée, Andy change du tout au tout et passe par la case relooking : elle s’est laissée convaincre. Et le spectateur ?
Pas vraiment. A l’image de cette scène molle et peu consistante, le film enchaîne les situations diamétralement opposées en trouvant de faible prétextes pour les relier et évite soigneusement les tensions dramatiques, seul véritable enjeu du film. Jamais à chaque erreur grave d’Andy, les conséquences prennent une tournure à la démesure du cynisme de Miranda. En deux coups de fil et trois coupes au montage, Andy parvient toujours à se tirer d’affaire sans jamais faire un pli sur ses habits relevant désormais de la dernière mode.
Rien de vraiment palpitant et plutôt une grosse déception pour ce film qui aurait pu être un véritable petit bijou si il ne s’était pas entêté à rester au niveau de son matériel de départ, c’est à dire celui d’un bon petit roman de gare.
Enorme coup de coeur pour ce film américain, vainqueur du festival du film américain de Deauville 2006.

La famille Hoover est une famille vraiment pas comme les autres. Ca démarre avec un père looser et une mère un peu cruche. Jusque là rien de bien nouveau. Puis ça se poursuit avec l'oncle homo dépressif, spécialiste de Proust et le fils en pleine crise d'adolescence qui a fait voeu d'abstinence orale : déjà vu mais moins courant. Et surtout ça se finit sur le duo du grand père héroïnomane et de la petite dernière à moitié obèse et obsédée par les concours de beauté. Un mélange explosif qui donnera lieu un final que peu de spectateurs sont près d'oublier.
Admirablement écrit et mise en scène, le film ne connaît aucun temps mort. Ce qui est d'autant plus plaisant c'est que les six personnages sont chacun intelligemment exploités et apportent à l'histoire un degré d'intensité qui va croissant.
Avec son mélange subtile d'enfance, d’allusions vagements sexuelles et de drogue, le film traite de nombreux tabous avec infiniment de grâce et réussi là où le dernier film de Terry Gilliam échouait : interloquer le spectateur sans être gratuitement provocateur.
A voir et revoir sans modération.
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Homme à tout faire, Cleveland Heep passe d'appartement en appartement dans l'immeuble qu'il garde depuis plusieurs années pour le plus grand bonheur de ses habitants dont il prend soin comme de ses propres enfants. Ancien médecin au passé tragique, c'est dans ses petits plaisirs du quotidien qu'il tente peu à peu de renouer avec la vie.
Jusqu'au jour où il découvre dans la piscine de l'immeuble, une jeune femme qui implore son secours. Cleveland n'est pas au bout de ses surprises...
Si la jeune fille de l'eau n'est certainement pas le meilleur film de N. Shyamalan, il n'en reste pas moins un divertissement fort plaisant, à condition de savoir l'apprécier à sa juste valeur, à savoir celle d'un film censé être la transposition cinématographique d'un conte qu'il avait inventé pour ses enfants.
Car sur le plan dramaturgique la jeune fille de l'eau fonctionne parfaitement. Avec ses personnages bien structurés, son intrigue basic mais habile qui crée une sorte de mythologie inspirée de diverses traditions où on retrouve (un peu comme chez Matrix) une prophétie, une héroïne désespérée, un protecteur qui ignore tout de son destin et des êtres dont le rôle se dévoilera au fur à mesure de l'avancée de l'intrigue.
Rien de nouveau sous les tropiques donc, mais simplement un moment agréable à passer, accompagnée d'une musique féerique et cette volonté de tirer du quotidien l'essence de la magie qui fait de ce film une ode au héros ordinaire. Simple mais efficace.
Nausicaä de la vallée des vents est un film post-apocalyptique. Dans un monde qui a été réduit à néant ou presque par les sept jours de feu, il y de cela un millier d'années, il ne reste plus qu'une poigné d'êtres humains et une immense forêt toxique peuplée d'étranges et gigantesques insectes.
La vallée des vents est quasiment le seul havre de paix encore subsistant. Parmi ses habitants, la princesse Nausicaä cherche à percer le secret de la forêt qui recouvre quasiment la totalité du monde. Mais sa quête sera vite perturbée par les rivalités des clans humains.
Après Kiki, la petite sorcière et le Château dans le ciel, Nausicaä de la vallée des vents est le troisième film d'Hayao Miyasaki à faire l'objet d'une ressortie en salle. Il faut dire que quasiment chaque film de Miyasaki père (Goro, le fils, tente déjà de prendre la relève) est une oeuvre qui fonctionne à tous les niveaux.
Sur la forme, ces dessins splendides s'adressent tant à un jeune public, qui s'émerveillera devant la beauté des images, qu'à un spectateur plus adulte, capable de comprendre les différents sens de lecture qu'offrent ces histoires.
Sur le fond, il affiche ses préoccupations lié au respect de la nature, au mélange de l'organique et du mécanique et une constante volonté à vouloir donner un rôle primordiale aux jeunes filles (souvent innocentes mais pleine de bonne volonté) tout en rabaissant l'Homme à un vulgaire porc (Porco Rosso, Chihiro) incapable de se contrôler et toujours prompt à commettre les pires bassesses.
L'univers de Miyasaki fonctionne comme une mise en garde à l'encontre de l'humanité sur les dérèglements de notre planète et le danger qui menace notre espèce si elle n'apprend pas vivre en harmonie avec son environnement. Il étend sa critique au fonctionnement de nos sociétés dites civilisées et qui souvent ressemble plus à une horde de sauvages munies de moyens technologiques, plus préoccupée de tuer et de détruire que de respecter le dons que la nature lui à fait. Pire encore, Nausicaä, exprime le doute de Miyasaki sur une possible rédemption des sociétés humaines. Même après l'ultime avertissement que la nature leur a donné, elles n'ont pas su évoluer. Les humains restent animés par la seule quête du pouvoir ce qui les rend incapable de se réconcilier entre eux pour fonder une ère nouvelle. Ils semblent plutôt décider à achever ce que la nature à commencée 1000 ans plus tôt : leur propre destruction.
Une philosophie et une maîtrise du dessin qui élève chaque film de Miyasaki au rang de chef d'oeuvre.

Les célèbres Sonny Crockett et Ricardo Tubbs reprennent du service pour enquêter sur le massacre de deux de leurs informateurs ainsi que de leur famille. Celle-ci les conduits dans un réseau de trafiquants internationaux mené d'une main de fer par le mystérieux Jesús Montoya, épaulé de Jose et d'Isabella, dont les charmes vont vite faire succomber Sonny.
Fusillades, overdoses, caprices de stars à répétition, nous ne sommes pas dans un film de Michael Mann, mais sur le tournage de son dernier long métrage, Miami Vice. Un jour un homme manque d'abattre la moitié de l'équipe en république dominicaine, un autre Colin Farrell doit être hospitalisé à la suite d'une trop forte absorption de drogues inconnues, et pendant ce temps Jamie Foxx, récemment oscarisé pour sa performance dans Ray, ne sait plus quel caprice inventer. Résultat : un retard considérable, un dépassement de budget conséquent et l'impossibilité de mener à bien la fin du tournage.
Reste le film. Un objet à la beauté impressionniste. Michael Mann est avant tout un créateur d'oeuvre graphique qui joue à merveille avec les formes, les couleurs, les touches de lumière . Ce qui lui permet de restituer l'atmosphère étouffante de ces villes du sud des Etats Unis et l'ambiance de leur nuits accaparantes. De L.A. à Miami, on retrouve toujours cette vague de chaleur étouffante, ces personnages qui se glisse dans la nuit comme des couches de couleurs dans la noirceur environnante. Et enfin, il y a Gong Li, éclatante, resplendissante qui irradie la pellicule comme autrefois les grandes actrices américaine. Et le plus incroyable c'est qu'elle est crédible en femme latino-américaine. Loin d'être magnifiée à l'extrême comme chez Wong Kar-wai, elle impose ici son charisme et la puissance de son jeu. Après s'être fait connaître en Chine, sa carrière au USA est à suivre de très près.
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